Comment passer l’hiver au chaud ?

         En ces périodes plus fraîches et humides, nos intérieurs, eux aussi, se rafraichissent et l’humidité tend à s’accumuler. Deux problématiques se posent alors.

La première concerne le confort thermique. La température ambiante idéale dans une maison se situe aux alentours de 18°C. Un environnement trop froid peut avoir un impact négatif sur notre santé : le corps humain n’est pas conçu pour supporter durablement des températures basses. Sur le long terme, cela peut favoriser l’apparition de problèmes respiratoires, d’infections et d’autres désagréments

La seconde problématique touche à la santé du bâtiment. L’humidité affecte directement les matériaux qui composent la maison et favorise le développement de moisissures. Ici, c’est la durabilité du bâtiment qui peut être compromise.

Pour pallier la baisse de température et donc, limiter l’augmentation de l’humidité, le premier réflexe est souvent d’allumer le chauffage. Pourtant, cela ne suffit pas toujours. Au-delà de la facture énergétique qui peut vite devenir conséquente, une partie de l’énergie est parfois utilisée à perte. Je m’explique, dans une maison mal isolée, les ponts thermiques* sont plus nombreux : la chaleur produite s’échappe vers l’extérieur. Résultat : un pas en avant, trois en arrière.

Dans cet article, nous verrons quelles solutions mettre en place pour retrouver un équilibre et réduire les risques, à la fois pour les occupants et pour l’habitat. Dans un premier temps avec les travaux de fond, offrant des résultats durables mais nécessitant un investissement financier plus important. Puis dans un second temps, des solutions plus simples et accessibles, adapté à des petits budgets.

          Résoudre le problème à son origine est évidemment la solution la plus efficace et la plus durable. Cependant, elle n’est pas toujours accessible, que ce soit pour des raisons financières ou parce que le propriétaire du bien ne souhaite pas engager de travaux. Et pourtant, sur le long terme, investir dans l’isolation de son habitat est toujours gagnant. L’isolation de votre logement concerne plusieurs points stratégiques. Les combles, tout d’abord : mal isolés, ils peuvent entraîner des pertes thermiques très importantes. Les murs eux aussi, qui peuvent laisser s’échapper la chaleur en hiver ; une isolation par l’intérieur ou par l’extérieur peut alors être envisagée selon la configuration du bâtiment. Les sols, d’autant plus lorsqu’il existe un vide sanitaire, peuvent également être responsables de déperditions thermiques significatives.

À l’inverse, en été, en cas de fortes chaleurs, un logement mal isolé verra sa température intérieure augmenter rapidement, générant un inconfort tout aussi important. Isoler permet donc de limiter les pertes de chaleur en hiver et de conserver la fraîcheur en été. Mais attention à ne pas rendre la maison totalement hermétique : une ventilation performante est indispensable pour évacuer l’humidité et garantir un air intérieur sain. Isolation et ventilation doivent toujours aller de pair.

Depuis quelques années, des matériaux d’isolation durables et écoresponsables se développent. Par exemple, la laine de chanvre, elle est naturelle, saine et non irritante, à noter que la France est le premier producteur de chanvre dans l’Union européenne. La ouate de cellulose, fabriquée à partir de papier journal recyclé, offre d’excellentes performances thermiques mais aussi phoniques. La laine de lin, au même titre que le chanvre est largement cultivé en France et en Europe, doit quant à elle, être mélangée à d’autres fibres comme le chanvre ou le coton afin d’améliorer ses propriétés isolantes. 

Enfin, le liège, plus connu, est un matériau renouvelable puisque l’écorce du chêne-liège se régénère naturellement. Il assure une très bonne isolation thermique et acoustique, tout en régulant l’humidité. Pratique, il existe sous différentes formes (plaques, rouleaux ou granulats) et dans une large gamme d’épaisseurs.

Ces solutions représentent un investissement conséquent mais durable. Pour ceux qui ne peuvent pas engager de tels travaux, il existe heureusement des alternatives plus accessibles pour améliorer le confort thermique au quotidien.

            Il est évident que de grands travaux ne sont pas accessibles à tous. Alors, quelles sont les alternatives rapides à mettre en place, ne nécessitant ni compétences particulières en bâtiment ni budget conséquent, et pouvant malgré tout avoir un impact réel sur votre habitat ?

Dans un premier temps, il est pertinent de s’attarder sur les fameux ponts thermiques, notamment autour des portes et des fenêtres. Si vous sentez de légers courants d’air à proximité, cela révèle souvent un défaut d’étanchéité. Pour y remédier, vous pouvez remplacer les joints de vos menuiseries lorsqu’ils sont usés. Ils existent en mousse, en PVC ou en silicone, à choisir selon le support. Au niveau des portes, les bas de porte, qu’ils soient adhésifs ou à glisser sous la porte, ils permettent de supprimer ce petit espace responsable de petits courants d’air. Concernant les fenêtres, la pose d’un survitrage permet de réduire l’effet de paroi froide. Il peut s’agir d’une vitre supplémentaire ou d’un film isolant à appliquer directement sur la fenêtre existante.

Certains éléments perçus avant tout comme décoratifs peuvent également contribuer à l’isolation. Les rideaux épais, doublés de matières « chaudes » comme la laine ou le molleton, forment une barrière supplémentaire contre le froid et l’humidité. Les tapis, quant à eux, limitent la sensation de froid au niveau du sol et réduisent les déperditions thermiques provenant du plancher. 

Autre solution simple : installer des panneaux réflecteurs derrière les radiateurs. Disponibles sous forme de plaques ou de films, ils permettent de renvoyer la chaleur vers la pièce plutôt que vers le mur. Il existe également des peintures et enduits isolants pour les murs et plafonds. Leur formulation aide à réfléchir la chaleur ou à limiter la sensation de froid. Toutefois, utilisés seuls, ils n’améliorent pas totalement la résistance thermique ; ils sont surtout efficaces en complément d’une isolation existante.

Enfin, un geste simple mais efficace : fermer les volets ou les stores, principalement la nuit mais aussi en journée, afin de conserver la chaleur intérieure. Combinés à des rideaux épais, ils peuvent permettre de gagner quelques degrés. Attention, en journée, il est préférable de ne fermer que les pièces peu ou pas utilisées : la lumière naturelle participe elle aussi au confort global.    


             Qu’il s’agisse de petits gestes du quotidien ou de travaux plus conséquents, il existe de nombreuses solutions pour améliorer le confort thermique de son logement. Chaque action, à son échelle, contribue à créer un intérieur plus sain, plus agréable et plus économe en énergie. 

Un habitat mieux isolé, c’est aussi une consommation d’énergie réduite et donc une empreinte environnementale allégée : améliorer son confort thermique, c’est finalement faire un pas supplémentaire vers une démarche plus écoresponsable au quotidien.

*Un pont thermique désigne tout défaut d’isolation qui entraîne des pertes de chaleur et diminue la résistance thermique de votre logement.

By Rachel Cordero

Source photo : pinterest

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